Méthanisation des déchets, chronique d'une découverte

A l’origine de la méthanisation

La découverte de la méthanisation remonte à 1776. Le savant italien Alessandro Volta identifie alors un « gaz hydrogène carboné », présent dans les bulles émises par les vases en putréfaction du lac Majeur. En 1808, le britannique Humphrey Davy démontre la présence de ce gaz lors de la décomposition du lisier. Le terme de « méthane » est proposé en 1865 et formellement adopté par la communauté scientifique en 1892. La présence du gaz est progressivement mise en évidence dans de nouveaux milieux anaérobies, c’est-à-dire privés d’oxygène : zones humides, digestion animale, sédiments marins…

Naissance de la premièreunité de méthanisation 

La Grande-Bretagne accueille la première usine de méthanisation au début du 20ème siècle, permettant d’éclairer les rues d’Exeter. Pendant l’entre-deux-guerres, les travaux progressent. Lors des chocs pétroliers, la méthanisation suscite un regain d’intérêt pour pallier les pénuries de carburant. Aujourd’hui, la nécessité d’une transition écologique soutient le développement des unités de méthanisation, appelées aussi centrales biogaz.

De la biomatière à l'énergie, immersion au cœur d'une unité de méthanisation

Définition de la méthanisation

La méthanisation est un processus de décomposition des matières organiques rendu possible par l’action de bactéries en milieu anaérobie. Le procédé biologique utilisé est naturel et s’apparente à la digestion des aliments. Cette digestion dans des cuves hermétiques permet de générer une énergie renouvelable, le biogaz. Ce dernier comporte essentiellement du méthane (CH4) et du dioxyde de carbone (CO2). Le résidu organique de la méthanisation est appelé digestat et utilisé comme fertilisant naturel en substitution des engrais chimiques.

Fonctionnement d’une unité de méthanisation

Les déchets organiques sont stockés dans une cuve hermétique appelée « digesteur » ou « méthaniseur ». Ils y sont soumis à l’action des micro-organismes anaérobies. Une fois achevé le processus de méthanisation, la matière résiduelle, ou digestat, peut être utilisée comme fertilisant agricole : un véritable retour au sol de la matière. Le biogaz peut être, quant à lui, transformé en électricité et chaleur, ou en biométhane injecté sur le réseau de gaz, ou en carburant alimentant les véhicules roulant au gaz.

Les acteurs de la méthanisation en France

Essor de la méthanisation en France

Le secteur de la méthanisation en France, est aujourd’hui en pleine expansion. Le territoire compte environ 600 installations de méthanisation1, avec un taux de croissance du marché de plus de 10%2.

Une grande variété de déchets peut venir nourrir le processus de méthanisation, en provenance, notamment :

  • Du monde agricole :  effluents d’élevage, sous-produits de cultures, eaux de salle de traite…
  • Des collectivités locales : tontes de gazon, fraction fermentescible des ordures ménagères, boues et graisses de station d’épuration, matières de vidange…
  • Du secteur agro-industriel : distribution, restauration, abattoirs, caves vinicoles, laiteries, fromageries, ou autres industries agro-alimentaires, …

Les enjeux de la méthanisation

Au croisement de plusieurs enjeux, la méthanisation présente des avantages à la fois écologiques et économiques, permettant :

  • Le traitement et la  valorisation des déchets organiques
  • Un potentiel énergétique durable
  • La production d’un fertilisant naturel contribuant à la restoration des sols
  • La diminution des émissions de gaz à effet de serre
  • Un complément de revenu pour les agriculteurs

Agriculteurs, industriels, collectivités locales ou investisseurs, Evergaz vous propose des solutions sur mesure pour accompagner votre projet de méthanisation. 

 

  1. Source : Conclusions du groupe de travail « Méthanisation », Ministère de la transition écologique et solidaire, 2018
  2. ADEME, selon le chiffre d’affaires de la filière biogaz