L’économie circulaire au cœur des territoires

Un potentiel sous-exploité en France :

Le biogaz s’est beaucoup développé depuis les années 70 chez nos voisins d’Outre-Rhin. Plus de 7,700 unités de méthanisation - toutes tailles confondues - sont actuellement en exploitation en Allemagne. La France, elle, est loin derrière, alors qu’elle possède le premier potentiel de biogaz de par son importante activité agricole et agro-industrielle.

Un secteur d’avenir :

Device Il s’agit du seul mode de production d’énergie renouvelable totalement vertueux : en amont, il constitue une solution de traitement des déchets organiques, et en aval, produit de l’énergie verte – gaz, électricité et chaleur - et des fertilisants naturels.

Aujourd’hui, avec l'accroissement du coût de l'énergie et une prise en compte croissante de l'environnement dans les pratiques agricoles, industrielles et publiques, la méthanisation constitue une technologie particulièrement attractive grâce à une maturité technique avérée.

C’est ainsi que les institutions européennes ont mis en place des politiques permettant l’essor de projets de développement durable, notamment dans le secteur de l’énergie et de l’environnement - dont la France, à travers les Grenelles de l’Environnement I et II, puis la Conférence environnementale et plus récemment, en 2013, le Plan Energie Méthanisation Autonomie Azote (Plan EMAA). Ainsi, 23% des consommations énergétiques en France devront être couvertes par les énergies renouvelables d’ici 2020. Une évolution de la société française et un engagement politique qui plaident pour l’attractivité de la méthanisation.

L’objectif affiché du Plan français EMAA publié en juillet 2013 (1 000 méthaniseurs à la ferme à l'horizon 2020) nécessite ainsi le développement d’environ 130 nouveaux projets par an entre 2013 et 2020, soit une augmentation d’environ 80 % par rapport au rythme d’émergence de nouveaux projets actuellement observé.

Fonctionnement :

 

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La méthanisation est un procédé qui a le double avantage de valoriser les matières organiques issues des activités agricoles, agroalimentaires ou municipales, à des fins de production de biogaz, une énergie renouvelable, et de fertilisant organique.

Ce procédé biologique naturel s’apparente à la digestion des aliments : il repose sur la transformation de la matière organique en biogaz, par l’action de bactéries vivant en milieu anaérobie (c'est-à-dire sans oxygène). Transposé au monde industriel, ce procédé est reproduit dans des cuves hermétiques chauffées et brassées :des « méthaniseurs » ou « digesteurs ».

Le biogaz ainsi produit est composé en grande partie de méthane (50 à 70%) qui pourra, après traitement et épuration, faire l’objet de valorisations diverses : en chaudière industrielle, en électricité et en chaleur par cogénération, ou encore en biométhane utilisé comme biocarburant ou injecté dans le réseau de transport et distribution de gaz naturel.

Ce qui reste de la matière après méthanisation s’appelle le « digestat » : un amendement organique servant en retour à fertiliser les terres agricoles.

Comment est valorisé le biogaz ?

Chaleur et électricité :

À ce jour, la valorisation énergétique la plus répandue en France est la cogénération, transformant le biogaz en chaleur et éléctricité. L’électricité est réinjectée sur le réseau ERDF et la chaleur valorisée localement. Les tarifs d’achat de l’électricité ainsi produite ont été fixés juillet 2006 et revalorisés en mai 2011.

Gaz naturel :

Le biométhane issu du biogaz peut aussi être épuré, traité et injecté dans les réseaux de transport et de distribution de gaz (GRDF et GRT Gaz), à des tarifs entrés en vigueur cinq ans plus tard que ceux de l’électricité (octobre 2011). Le biométhane peut notamment permettre de produire du biocarburant BioGNV, pour alimenter les véhicules - voiture, bus, camions, utilitaires...